José Mari Bakero, ancien capitaine du FC Barcelona : « Cruyff était un véritable visionnaire, une force qui vous entraînait. »
Pour commencer, il faut évoquer deux éléments : la conviction et la personnalité. La conviction parce qu’il nous a convaincus de jouer d’une certaine manière. Johan a établi ce que l’on appelle des spécialistes du positionnement. Il a assigné à chacun son rôle au sein de l’équipe. À partir de là, la musique a commencé à s’harmoniser.
Pourquoi cela ?
Il y a une citation de Picasso qui dit : « Les bons artistes copient ; les grands artistes volent ». Que veut-il dire par là ? Nous comprenions à chaque instant que ce que Johan souhaitait était vraiment le reflet de son être : ce n’était ni volé ni copié, en suivant l’exemple de Picasso. Ce qu’il voulait, c’était son essence, et il avait en plus une caractéristique essentielle pour être perçu comme authentique.
Laquelle ?
Une personnalité marquante. Je l’ai déjà mentionné. Il avait une personnalité percutante, tant au niveau social que managérial, en équipe… Cela lui permettait de dire des choses auxquelles tu n’aurais jamais cru venant d’autres. Pourquoi ? Parce qu’il avait une conviction personnelle et sportive, qui allaient de pair chez Johan.
Que veut-il dire par là ?
Que d’autres entraîneurs agissent différemment selon les circonstances ; Johan, lui, avait une vision du jeu et une conception sociale qui englobaient la direction, les joueurs, la presse… Tout le monde. Avec cette conviction et cette personnalité, il entraînait les autres avec lui.
Était-il le moteur du changement ?
Absolument. C’était un moteur qui entraînait tout le monde avec une énergie incroyable. En réalité, Johan nous mettait à l’épreuve à chaque instant. Il avait une force mentale si puissante qu’il exigeait le meilleur de nous. Il poussait à la limite, individuellement comme collectivement, et dans tous les domaines ! C’était si intense qu’il ne semblait jamais se fatiguer. Les cinq ou six premières années ont été remarquables, car il ne montrait jamais de faiblesse.
Jamais ?
Jamais. Et c’est extrêmement difficile dans un club comme le Barça.
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