La distinction entre être Messi et emprunter sa voie.
Lamine Yamal a reçu hier soir son second Laureus consécutif et a fait une remarque qui a souvent été ignorée au milieu des remerciements et des flashs des photographes. Plutôt que de déclarer « je veux être Messi », il a affirmé : « j’espère pouvoir suivre son parcours ». Cela change tout. Ce n’est pas du tout la même chose.
Devenir Messi est un but inaccessibile. Ce n’est pas que Lamine n’a pas de talent, mais plutôt que Messi est unique. Huit Ballons d’Or, quatre Ligues des champions, une Coupe du Monde, vingt ans au sommet sans une seule saison superflue. Ce n’est pas un objectif de haut niveau, mais une catégorie à part que le football mettra des décennies à revoir, si jamais.
Nous avons imposé ce nom à des joueurs qui ne l’ont pas choisi. Bojan en a souffert. Ansu Fati en subit encore les conséquences. Lamine, depuis l’âge de 15 ans, porte le nom de l’Argentin comme une étiquette dont personne ne lui a demandé s’il la voulait, même chez SPORT, nous l’avons photographié alors qu’il ne savait même pas encore se tenir debout. Les comparaisons sont indulgentes lorsqu’il s’agit de succès, mais deviennent cruelles lors des échecs.
C’est pourquoi ses mots d’hier sont significatifs. « Suivre son chemin » ne fait pas référence aux trophées ou aux records. Cela évoque une attitude, un respect pour le jeu et une longévité. Messi n’est pas grand uniquement pour ses victoires, mais pour la manière dont il aborde chaque saison et son engagement envers le football pendant deux décennies. C’est cela qui peut être imité.
À seulement 18 ans et avec deux Laureus à son actif, Lamine a montré qu’il comprend une vérité que beaucoup n’ont pas encore assimilée : la grandeur de Messi ne réside pas dans les statistiques, mais dans la constance. Aspirer à cela, sans plus, témoigne d’une maturité peu commune à son âge.
Le chemin est long, mais au moins, il sait où il va.
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