29-05-2026 - 17:29 -

Soly Sakal, spécialiste en leadership et PDG de la société de conseil Rhombus, déclare : « Concernant Florentino, le véritable enjeu réside dans le fait que l’institution devient dépendante d’une seule personne. »

Dans le monde du football professionnel, de nombreux clubs ont fini par se structurer autour d’un président au point de confondre le leadership personnel avec l’identité même de l’institution. Cela a été le cas au Real Madrid avec Florentino Pérez. Le problème survient lorsque le succès prolongé entraîne une diminution de l’autocritique, que le leadership devient incontestable et que la structure du club devient trop dépendante d’une seule personne. Dans cette interview accordée à SPORT, Soly Sakal, PDG de la société de conseil Rhombus, aborde cette culture du président, les dangers du personnalismes et les défis liés à la succession.

Quel est l’impact d’un président devenant plus influent que l’organisation elle-même ?

L’organisation perd sa capacité d’autonomie, c’est cela l’essentiel. Les prises de décision s’en trouvent ralenties, car tout doit passer par une seule personne. Le talent interne ne se développe plus, car il n’y a pas de réelles opportunités de croissance, et la culture devient réactive, constamment à l’écoute des désirs ou des pensées du leader. J’ai observé des entreprises familiales opérant ainsi pendant des décennies et, quand vient le moment de la succession, elles réalisent qu’elles n’ont pas bâti une véritable organisation, mais une dépendance.

Les leaders ont-ils tendance à s’habituer à avoir raison, ou est-ce que personne n’ose leur dire le contraire ?

Les deux aspects s’alimentent mutuellement. Mais si je devais en retenir un, je dirais que le principal problème réside dans l’environnement. Les leaders puissants finissent souvent par créer, presque malgré eux, des milieux complaisants. Les gens apprennent vite que contredire peut avoir un coût, et dès lors, le leader perd une information cruciale. Il commence alors à prendre des décisions basées sur sa perception personnelle, souvent plus positive que la réalité.

Un succès prolongé peut-il altérer la capacité d’autocritique ?

Sans aucun doute. Le succès est l’ennemi

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